01
— Installé à une table d’un café, Yann Audic, photographe lifestyle, wedding et corporate, nous ouvre les portes de son univers.



Partagé entre Paris et la Bretagne, les voyages au-delà des frontières se multiplient. Du Maroc à Londres, du mariage à l’architecture, Yann trouve le temps de se consacrer à un projet bien personnel : une série de photographies, compilées dans un livre, représentant la vie simple et ordinaire du japon.

Yann Audic, signe toujours ces clichés d’une douceur et d’une poésie touchante. Il nous offre un moment paisible, empli de légèreté dans un moment simple & authentique.

-
Retrouvez l’univers & le travail de Yann Audic sur son site internet, facebook ou instagram. Son travail sur les mariages est visible sur son site Lifestories.

Merci au Fringe Coffee et à la Librairie Artazart de nous avoir autorisé à prendre des photos.

— Installed at the table of a coffee, Yann Audic, a lifestyle, wedding and corporate photographer, opens us the doors to his world.



Shared between Paris and Brittany, trips across borders multiply. From Morocco to London, from wedding celebration to architecture, Yann finds time to devote himself to a very personal project: a series of photos, compiled in a book, representing the simple and ordinary life of Japan.

Yann Audic, always signs these clichés with a softness and a touching poetry. It offers us a peaceful moment, full of lightness in a simple and authentic moment.

-
Find the world & work of Yann Audic on his website, facebook or instagram. His work on weddings is visible on his Lifestories website.

Thanks to Fringe Coffee and the Artazart Library for allowing us to take pictures.

-
-
01
Comment as tu commencé la photographie ?



— Très simplement, un road-trip à Cuba avec des copains, un Nikon FE, des pellicules et là il se passe un truc. Je pense que c’est ma première sensation photo. Il s’est passé plusieurs années avant que je saute le pas et fasse cela à plein temps.

Mon premier vrai projet photo, est un livre sur la Russie et l’Ukraine fin 2008. Pareil, je pars tout seul là-bas et je reviens avec quelque chose de chouette en suivra publications et expositions. Ce fut pour moi une sorte de sésame pour me dire : c’est bon, tu peux le faire.

Fin 2008, je pars vivre en Australie et la mentalité ambiante fait que je peux essayer plein de choses : assister des photographes en pub et mode, travailler en studio, etc. Je l’ai fait quatre ans en parallèle de mes propres projets photo.

J’y ai appris toute la dimension technique : prise de vue, lighting, montage d’un set mais aussi tout l’aspect psychologique : la direction que ce soit des modèles ou des gens qui n’ont jamais posé devant la caméra.

Le retour en France se fera en 2012 pour y poursuivre ce que j’avais lancé en Australie.

How did you start the photography ?



— TVery simply, a road trip to Cuba with buddies, a Nikon FE, some films and something sparkled. I think this is my first photo sensation. It happened several years ago before I got into and did it as full time.

My first real photo project, is a book about Russia and Ukraine I published at the end of 2008. The same, I left all alone there and I came back with something nice to think about publications and exhibitions. It was a kind of sesame for me to say to myself: it’s okay, you can do it.

At the end of 2008, I left to live in Australia and the ambient mentality made things possible: to assist photographers for advertisement and fashion, to work in studio, etc. I did it four years in parallel with my own photo projects.

I learned the whole technical dimension: shooting, lighting, assembly of a set but also all the psychological aspect: the direction of models or people who have never posed in front of the camera.

I returned to France in 2012 to continue what I had launched in Australia.

-
-
01
L’Australie, que retires-tu de cette expérience de quatre ans ?



— Que tout était possible, en Australie on croise pleins de gens qui font des choses dans leur garage, y’a un esprit pionnier, aventurier, l’absence d’hésitation, ça permet d’avancer.

C’est comme ça que je me suis lancé en photographie, en entrant chez Sun Studio à Sydney, et c’est avec cette même énergie que l’on a crée le premier numéro de Jean-Marie Magazine avec mon collègue Steven Largouet. On a fait le magazine dans notre cuisine, envoyé les 80 pages à l’imprimeur à côté de chez nous et fait la distribution nous-même.

Aujourd’hui tu vis à Paris, quel est ton regard sur cette ville ?



— A complete LOVE-HATE relationship :

LOVE pour le mouvement, le bruit, la fureur parfois, les projets, la faune, les copains, les bars, les possibilités inexploitées.

Et HATE pour les même raisons, je suis Breton, j’ai grandi au bord de l’eau, et ça me manque de ne pas habiter au bord de la mer.

De ce point de vue Sydney résolvait cette équation en partie mais Paris est définitivement plus dynamique.

Australia, what did you get from this four-year experience ?



— That everything was possible. In Australia you cross many people who do things in their garage, there is a pioneer spirit, adventurer, the absence of hesitation, it allows to move on.

That’s how I got into photography, by entering Sun Studio in Sydney, and it was with this same energy that we created the first issue of Jean-Marie Magazine with my colleague Steven Largouet. We did the magazine in our kitchen, sent the 80 pages to the printer near us and made the distribution ourselves.

Today you live in Paris, what is your look on this city ?



— A complete LOVE-HATE relationship :

LOVE for movement, noise, fury sometimes, projects, wildlife, buddies, bars, unexploited opportunities.

And HATE for the same reasons, I am Breton, I grew up by the ocean, and I miss living by the sea.

From this point of view Sydney solved the equation in part but Paris is definitely more dynamic.

-
-
-
-
-
01
01
01
Tu photographies à la fois de l’architecture, du lifestyle, de la mode et du mariage, comment vois-tu ton métier ?



— Quand je regarde mon travail, je sais que le dénominateur commun c’est l’humain.

A fortiori quand je fais du portrait mais aussi quand je fais de l’architecture, je vais toujours placer des gens dans l’image, les faire poser, et aussi sans doute l’utilisation de la lumière naturelle qui est le coeur de mon portfolio.

Tu travailles uniquement en lumière naturelle ?



— Même plus précisément lumière du jour, concrètement shooter à l’argentique avec des lumières tungstène, en gros des ampoules, le rendu est pas terrible, du coup je me concentre sur la journée.

Par exemple, le Japon du jour et le Japon de la nuit sont complètement différents. Il y aussi un choix esthétique, j’aime comme rend la lumière naturelle, j’aime les contraintes que ça induit.

You photograph architecture, lifestyle, fashion and marriage, how do you see your work?



— When I look at my work, I know that the common denominator is the human.

Even more so when I do the portrait but also when I do architecture, I will always place people in the image, make them pose, and also probably use the natural light that is the core of my portfolio.

You work in natural light only ?



— Even more precisely daylight, photographing with gelatine silver film with tungsten lights, basically bulbs, the rendering is not that good, so I concentrate on the day.

For example, Japan’s day and Japan’s night are completely different. There is also an aesthetic choice, I like natural light rendering, I like the constraints it induces.

-
-
-
-
-
01
On ressent dans tes photographies, une certaine sensibilité, une douceur. En as-tu conscience ?



— Ah ah, non pas forcément, après je le comprends surtout sur “Japon” c’est de l’argentique couleur à 100%, photographié au moyen-format, le rendu est plutôt soft, après c’est aussi la lumière de Tokyo, c’est assez humide et lumineux du coup le rendu est soft.

Après oui j’essaie d’être un minimum emphatique avec les gens. Je photographie souvent des inconnus que je croise dans la rue, je m’arrête on discute, je les fais poser, etc.

Quasiment tous mes portrait sont shootés “en-pied », en fait j’aime bien voir la personne en entier, ces chaussures, ces habits, ça raconte pleins de choses et puis surtout ça permet de distinguer l’environnement et de raconter une histoire autour.

We feel in your photographs, a certain sensitivity, a softness. Are you aware of it ?



— Ah ah, not necessarily. On the other hand I understand it especially on « Japan » which is a 100% color silver film, photographed in a medium format, rendering is rather soft. After, it is also the light of Tokyo , It’s quite humid and bright so the rendering is soft.

Then, yes I try to be emphatic at a minimum with people. I often photograph the unknowns I meet in the street, I stop to talk, I have them posed, and so on.

Almost all my portraits are shot « full-lengh », in fact I like to see the whole person, the shoes, the clothes, it tells many things and then above all it makes possible to distinguish the environment and to tell a story around.

01
01
01
Qu’essayes-tu de transmettre à travers tes clichés ?



— J’ai appris un mot japonais récemment : “Shibumi”, ça signifie beau et simple, ça peut désigner quelque chose de très banal mais très harmonieux.

Je crois que j’ai un peu de ça dans ma pratique photographique. J’aime bien le simple, le banal, le quotidien, le look normcore, le concept de “super normal” du designer Jasper Morisson ou de “as little design as possible ” de Dieter Rams. J’aime bien le design honnête.

En plus j’habite avec une architecte japonaise, je suis breton. Ce sont des influences qui se rejoignent, on a cette sorte de même sincérité et simplicité dans notre relation au monde et aux autres.

Donc j’imagine que j’essaie de transmettre cela dans ma photographie.

What are you trying to transmit through your pictures ?



— I have learned a Japanese word recently: « Shibumi » means beautiful and simple, it can mean something very banal but very harmonious.

I think I have a bit of that in my photographic practice. I like the simple, the banal, the daily, the normcore look, the concept of « super normal » designer Jasper Morisson or « as little design as possible » Dieter Rams. I like honest design.

In addition I live with a Japanese architect, I am Breton. They are influences that come together, we have this kind of sincerity and simplicity in our relationship to the world and to others.

So I guess I’m trying to transmit that in my photograph.

-
-
-
-
01
Tu vas régulièrement au Japon, quel est ton regard sur ce pays ? sa culture ?



— Une incompréhension totale ! J’exagère, je commence à avoir passer du temps, à avoir voyager dans différents endroits et on a de la famille là-bas. Mais quand même, tu vois des choses, des relations entre les gens, parfois tu te dis qu’on vient pas de la même planète.

Il y a un monde entre nous, c’est comique en fait.

Quand je suis là-bas, c’est incompréhension sur incompréhension, mais ça engendre pleins de discussions justement. Moi ça m’amuse beaucoup car je ne sens pas le jugement qu’il peut y avoir entre eux et toutes ces choses pas très agréables.

En fait je crois que c’est l’endroit le plus dépaysant que je connaisse car même la culture pop est très spécifique. Les objets dans leur quotidien sont très différents des nôtres et c’est rare. Maintenant, de Buenos Aires à Moscou, tout le monde a un iPhone.

Eux ils ont un Docomo qui ouvre les tourniquets du métro et payent au supermarché.

You regularly go to Japan, what is your look on this country ? Its culture ?



— A total misunderstanding! I am exaggerating, I have started to spend time, have had some travels to different places and have family there. But nevertheless, you see things, relations between people, sometimes you say that we do not come from the same planet.

There is a world between us, it’s comical in fact.

When I am there, it is incomprehension after incomprehension, but it engenders many discussions. It amuses me a lot because I do not feel the judgment that can exist between them and all these not very pleasant things.

In fact I think this is the most exotic place I know because even pop culture is very specific. The objects in their daily lives are very different from ours and it is rare. Now, from Buenos Aires to Moscow, everyone has an iPhone.

They have a Docomo that opens the turnstiles of the metro and pays at the supermarket.

-
-
-
01
Parles-nous de la création de ton livre sur le japon, quel est son origine ?



— C’est une idée originelle de Samantha, la créatrice de la fabuleuse Maison d’Édition  » Rue du Bouquet « , basée à Paris. Elle désirait faire un livre avec moi à partir des images du Japon.

Elle s’est en plus entourée d’Alain Rodrigues, du studio graphique Bizzari-Rodrigues, des aficionados de la typo. Je pense que ça se voit dans le livre, le design est extrêmement juste.

On a donc commencé à construire un chemin de fer, ici à Paris, avec des images que j’avais déjà faite. Et je suis retourné au Japon début 2016 pour finaliser le livre. C’était un vrai projet collaboratif avec eux, et tout a été pressé et imprimé dans Paris.

Il y a une vraie dimension artisanale et “ Made in Paris”. Même au niveau de la photo, car tout a été photographié à l’argentique moyen-format, et même si mon labo Carmencita Film Lab est en Espagne, ils sont de vrais artisans et travaillent le rendu sur chaque image pour te rendre des planches contacts super consistantes.

Tell us about the creation of your book about Japan, what is its origin?



— It is an original idea of ​​Samantha, the creator of the fabulous Publishing House « Rue du Bouquet », based in Paris. She wanted to make a book with me from the images of Japan.

She was also surrounded by Alain Rodrigues, the graphic studio Bizzari-Rodrigues, aficionados of the typo. I think it shows in the book, the design is extremely accurate.

So we started building a railroad, here in Paris, with images I had already made. And I returned to Japan in early 2016 to finalize the book. It was a real collaborative project with them, and everything was pressed and printed in Paris.

There is a real artisanal dimension and « Made in Paris ». Even at the level of the photo, because everything was photographed in the medium-format on silver film, and even if my lab Carmencita Film Lab is in Spain, they are real artisans and they work rendering on each image to give you back a super consistent contact sheet.

-
-
-
01
01
01

Laisser un commentaire